Chronique – Mexican Gothic de Silvia Moreno-Garcia

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Mexican Gothic de Silvia Moreno-Garcia

Fantastique

Ma note :  ★★★ / J’ai aimé

J’ai profité du Pumpkin Autumn Challenge pour sortir enfin ce roman de ma bibliothèque. Il m’intriguait par bien des aspects, résumé, titre, couverture et, si je ne m’attendais pas à vivre de grandes émotions, j’ai néanmoins passé un bon angoissant moment de lecture.

« Le manoir se dressait au-dessus d’elle telle une énorme gargouille. Il aurait pu générer une certaine inquiétude, faire surgir des images de fantômes et de maisons hantées, sans son allure bien défraîchie, avec des lamelles manquant à plusieurs volets et un porche qui grinça sous les pieds de Francis et de Noemí lorsqu’ils montèrent les marches menant à la porte, laquelle disposait d’un heurtoir en argent en forme de poing. »

L’histoire se déroule au Mexique, au début des années 1950. Suite à une lettre inquiétante de la part de sa cousine Catalina, Noemí se rend auprès d’elle, dans le manoir de High Place où cette dernière vit avec son mari. Sur place, Noemí comprend rapidement que la situation est encore bien plus étrange qu’elle ne s’y attendait.

Dans ce roman, tous les ingrédients sont réunis pour un conte gothique. J’ai aimé l’aura de mystère qui entoure le lieu et les personnages, les visions nocturnes qui accaparent les esprits. Le noir suinte par tous les pores de cette demeure victorienne qui, on le devine, cache des secrets aussi denses que son histoire est ancienne. Son ambiance oppressante et malsaine s’insinue jusque dans les rêves, pour les transformer en cauchemars. Un endroit maudit, si l’on en croit les ragots du village. D’ailleurs, aucun habitant ne s’aventure près de ce lieu isolé et difficilement accessible.

Les protagonistes, quant à eux, ne sont guère accueillants, et les repas en leur compagnie sont aussi austères que malaisants. Un voeu de silence imposé qui ne sied guère à notre héroïne, d’un tempérament fort et d’une grande vivacité. Cela dit, les propos misogynes et les théories eugénistes de l’horrible patriarche n’engagent pas à la conversation, et c’est tant mieux car on a qu’une envie, quitter la table. Pour aller où ? Je vous le demande. Car apparemment, pour voir ladite cousine il faut s’armer de patience et se présenter durant les heures de visite décidées par la psychorigide Florence. Bref, si j’avais été à la place de Noemí, j’aurais pris mes clics et mes clacs et je serais partie sans demander mon reste. Mais voilà, la demoiselle n’est pas farouche et elle est bien décidée à venir en aide à Catalina, quoi qu’il lui en coûte. Heureusement, dans cette galerie insolite de portraits de famille, certains sont plus accommodants que d’autres, équilibrant ainsi la balance et allégeant un peu notre inquiétude.

J’ai beaucoup aimé la manière dont l’autrice gère l’intrigue. Le temps paraît s’écouler lentement, ce qui permet de se familiariser avec les lieux et les décors, mais aussi de s’imprégner des ressentis de l’héroïne. Les sensations, encore floues au début du récit, se changent insidieusement en angoisse, page après page. Car le manoir est comme doté d’une aura magnétique à laquelle on ne peut échapper. L’étau se resserre au fil des chapitres, transformant dès lors l’histoire en un huis-clos éprouvant.

Selon moi, Mexican Gothic n’est pas un roman addictif où l’on tourne les pages avec ferveur, peut-être car j’ai trop entrecoupé ma lecture et que la pression en est parfois retombée comme un soufflet. Pour autant, j’ai passé un bon moment avec ce roman et j’ai aimé découvrir l’histoire de High Place et les secrets de la famille Doyle. Une lecture idéale à l’approche du 31 octobre.

Date de lecture : 13-17 sept. 2022

🎃Lecture prévue dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge 2022 – Automne de l’étrange – “Sois vent, rêve, cendre et néant – Sois nuit, noir, âme et souhait”🍁


Infos et Quatrième de couverture

Mexican Gothic de Silvia Moreno-Garcia
Edition : Bragelonne – Parution : 18/08/2021 – 352 pages – ISBN: 9781028112486 – Genre : Fantastique.

« Un manoir isolé. Un aristocrate dangereusement séduisant. Et une jeune mondaine poussée à dévoiler leurs atroces secrets.

Après avoir reçu un mystérieux appel à l’aide de sa cousine récemment mariée, Noemí Taboada se rend à High Place, un manoir isolé dans la campagne mexicaine. Elle ignore ce qu’elle va y trouver, ne connaissant ni la région ni le compagnon de sa cousine, un séduisant Anglais.
Avec ses robes chic et son rouge à lèvres, Noemí semble plus à sa place aux soirées mondaines de Mexico que dans une enquête de détective amateur. Elle n’a pourtant peur ni de l’époux de sa cousine, un homme à la fois troublant et hostile, ni du patriarche de la famille, fasciné par son invitée… ni du manoir lui-même, qui projette dans les rêves de Noemí des visions de meurtre et de sang.
Car High Place cache bien des secrets entre ses murs. Autrefois, la fortune colossale de la famille la préservait des regards indiscrets. Aujourd’hui, Noemí découvre peu à peu d’effrayantes histoires de violence et de folie.
Si elle ne s’en échappe pas très vite, elle risque fort de ne plus jamais pouvoir quitter cette demeure énigmatique… »

Cet article a 12 commentaires

  1. Céline

    Merci pour ta chronique, il faut que je le découvre un jour.

    1. Caroline

      C’est vrai que l’ambiance et le personnage de Florence aussi peuvent rappeler le livre de Daphné du Maurier.

  2. Comme tu le dis, c’est certainement une période propice pour le découvrir ! A chaque fois que je l’aperçois sur les blogs ou les réseaux il m’interpelle, mais son côté lent me freine un peu (sans mauvais jeu de mots). L’ambiance de la maison victorienne et la culture mexicaine par contre, ça me tente. 😊

    1. Caroline

      Ah je comprends tout-à-fait car c’est aussi ce qui fait qu’il est resté si longtemps dans ma PAL. Je me suis décidée suite à la chronique de Hélène du blog « Ma toute petite culture ».

  3. Je ne l’ai toujours pas lu ce qui est fort dommage parce que l’ambiance que tu dépeins est de celles que j’affectionne particulièrement ! L’héroïne a de la patience parce que comme toi, je ne serais pas restée très longtemps en compagnie d’un tel patriarche…

    1. Caroline

      Ce n’est pas forcément le meilleur du genre à mon sens, mais quand même c’est vrai que l’autrice est douée pour construire l’ambiance.

  4. Steven

    On m’a souvent conseillé cette lecture mais j’avoue que, sans trop savoir pourquoi, j’ai l’impression qu’elle ne me correspond pas. Ce que tu dis de l’intrigue laisse songeur mais je crains les longueurs soulevées.
    Cela dit, tu le conseilles quand même à l’approche de samhain donc, pourquoi pas ?

    1. Caroline

      C’est vrai que le rythme est peut-être un peu lent, ou tout du moins tellement atmosphérique que le temps semble s’écouler lentement. Cela dit, c’est ce qui permet de sentir l’étau se resserrer. D’où le fait qu’il vaut mieux le lire en une seule fois je pense, pour s’imprégner de l’angoisse. Cela a été une bonne lecture, mais je ne la conseillerai pas non plus à tout prix.

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