Chronique - L’été où tout a fondu de Tiffany McDaniel

Chronique – L’été où tout a fondu de Tiffany McDaniel

L’été où tout a fondu de Tiffany McDaniel

Contemporain

LECTURE AUDIO – Roman lu par Steve Driesen

Date de lecture : 21-26 juin 2023

Comme bien des gens, j’ai entendu parler de Tiffany McDaniel grâce à son roman Betty. Un roman qui semble avoir convaincu la majorité des lectrices et lecteurs, mais que je n’ai pas lu, le résumé ne m’attirant guère. Cependant, j’avais très envie de découvrir la plume de l’autrice et L’été où tout a fondu m’a semblé idéal pour entrer dans son univers.

“Dans leur ensemble, les années 1980 devaient s’avérer particulièrement actives pour le diable. À cette époque-là, ses cornes n’étaient jamais bien loin. Le satanisme était à son apogée et ses sectes hystériques affichaient leur arrogance. Au cours de cette décennie, la peur avait pris la forme d’un quadrilatère afin de mieux s’emboîter dans nos maisons, dans nos petites vies bien rangées, bien carrées.”

Ce roman nous plonge au cœur d’une petite ville de l’Ohio, qui va recevoir la visite du diable, suite à une invitation émise dans le journal local par le procureur Autopsy Bliss. En ce début d’été 1984, le diable s’est présenté sous l’apparence d’un jeune garçon à la peau noire, d’environ treize ans, et prénommé Sal. Fielding, le narrateur, nous raconte cet été où tout a basculé, et comment, sous la chaleur étouffante, la ville de Breathed a fini par sombrer dans un chaos infernal.

“Cette chaleur n’a pas seulement fait fondre des réalités tangibles, telles que la glace, le chocolat ou les popsicles. Elle a aussi fait fondre des choses abstraites. La peur, la foi, la colère, ainsi que les repères les plus fiables du sens commun. Elle a également fait fondre des vies, les privant d’un avenir, enseveli sous les pelletées de terre du fossoyeur.”

Dès les premières minutes d’écoute, j’ai été immédiatement séduite par l’atmosphère de ce roman. Cette sorte d’ambiance particulière qui vous transporte aussitôt ailleurs, et puis cette narration qui prend son temps, pour mon plus grand plaisir. Le récit se déroule en 1984, pourtant, tout du long, j’ai eu une impression d’intemporalité, même si je me suis davantage crue dans les années 60 que dans les années 80. Un ressenti sûrement dû aux mentalités bien souvent rétrogrades de certains habitants.

L’autrice aborde ainsi différentes thématiques, comme le racisme, la place de la religion ou encore l’intolérance face à la différence, sous le prisme des deux enfants. S’ils sont sensiblement du même âge, Fielding est encore un peu innocent, pour ne pas dire naïf, tandis que Sal a une conscience aigüe de la nature humaine. Cet enfant n’est sûrement pas le diable, mais il m’a assez souvent déstabilisée pour laisser une trace indélébile dans ma mémoire. Depuis, je ne regarde plus le rayon crème glacée sans penser à lui !

Par ailleurs, je ne saurais pas l’expliquer plus en détail, mais j’ai retrouvé dans L’été où tout a fondu des similitudes avec un autre livre que j’adore, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee. L’ambiance en premier lieu, la chaleur, les enfants mais aussi le personnage d’Autopsy, qui m’a inévitablement rappelé celui d’Atticus.

Cependant, certains passages m’ont semblé redondants, essoufflant un peu l’intrigue. Aussi, j’ai alterné entre intérêt et ennui, et je me suis parfois égarée à force de chercher des sens cachés dans les attitudes et les mots des protagonistes, de Sal notamment. Pourtant, ceux qui me suivent savent que j’aime ces romans qui empruntent d’autres chemin, là où on ne les attend pas.

L’été où tout a fondu fût une lecture un peu en demi-teinte, car, si j’ai beaucoup apprécié l’atmosphère, je n’ai pas été spécialement emportée par l’histoire. Pourtant, étrangement, je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce livre, d’autant que j’ai été envoûtée par l’écriture et la façon dont l’histoire est contée.

Mon avis sur la version audio :

La version Audiolib de ce roman est portée par Steve Driesen. C’est la première fois que j’entendais ce narrateur et j’ai beaucoup aimé son interprétation. Une lecture qui retranscrit à merveille l’atmosphère du roman, notamment cette langueur qui s’empare de la ville et ces esprits qui s’échauffent sous la chaleur oppressante. Une écoute qui m’a davantage convaincue que le récit lui-même et qui m’en a rappelé une autre de même qualité, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur lu par l’excellente Cachou Kirsch❤️. À défaut d’avoir véritablement apprécié l’histoire, je conseille tout de même la version audio à tous ceux qui souhaitent découvrir ce livre.

↪️Et si vous voulez lire un avis différent, je ne peux que vous recommander celui d’Aude, qui saura sans aucun doute vous donner envie de vous plonger dans ce roman.

Et comme les mots peuvent sembler parfois bien fades, rien de mieux qu’écouter un extrait pour se faire un avis.


Infos et Quatrième de couverture

L’été où tout a fondu de Tiffany McDaniel | Titre original : The Summer That Melted Everything Édition audio : Audiolib – Parution : 21/06/2023 – Durée : 13h42min – ISBN/ASIN: 9791035413736 – Lu par : Steve Driesen – Genre : Roman noir.
📕 En grand format chez Gallmeister, 2022
📗 En poche chez Gallmeister, collection Totem, 2023

« La chaleur est arrivée avec le diable. » Été 1984 à Breathed, Ohio. Hanté par la lutte entre le bien et le mal, le procureur Autopsy Bliss publie une annonce dans le journal local : il invite le diable à venir lui rendre visite. Le lendemain, son fils Fielding découvre un jeune garçon à la peau noire et aux yeux d’un vert intense planté devant le tribunal, qui se présente comme le diable en personne. Cet enfant à l’âme meurtrie, heureux d’être enfin le bienvenu quelque part, serait-il vraiment l’incarnation du mal ? Dubitatifs, les adultes le croient en fugue d’une des fermes voisines, et le shérif lance son enquête. Se produisent alors d’étranges événements qui affectent tous les habitants de Breathed, tandis qu’une vague de chaleur infernale frappe la petite ville. Porté par une écriture incandescente, L’été où tout a fondu raconte la quête d’une innocence perdue et vient confirmer le talent exceptionnel d’une romancière à l’imaginaire flamboyant.


Mes recommandations en rapport avec ce livre

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur d’Harper Lee, pour toutes les raisons évoquées dans ma chronique. Mais aussi car c’est l’un de mes romans préférés ! 😉

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Cet article a 7 commentaires

  1. Tu me donnes envie de relire Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur. Une vraie pépite, ce classique ♥
    Concernant L’été où tout a fondu, je ne sais pas si je tenterai, mais j’ai hâte de découvrir Betty. En espérant ne pas trop en attendre, après tant de bons avis dessus.

    1. Caroline

      J’espère que Betty te plaira. On me le conseille tellement souvent que je vais bien finir par me laisser tenter. Quant à « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur », je songe également à le relire, peut-être si j’arrive à le caser dans ma pal du pac 2023. 😁

  2. Je ne peux que te recommander Betty. Il est vraiment sublime ♥️

    1. Caroline

      Tout le monde me le dit ! 😁 J’ai une amie qui vient de le terminer et qui l’a adoré, mais j’sais pas, l’histoire ne me tente guère. Cela dit, je ne reste pas fermée, peut-être que je le lirais un jour, à l’occasion d’un challenge par exemple.

  3. J’ai un peu peur du côté redondant et des passages moins captivants mais ce sont des points avec lesquels je suis plus tolérante dans un livre audio. L’ambiance a l’air de prendre les lecteurs dans ses filets… Et les thèmes abordés m’intéressent.

    1. Caroline

      Au vu de tous les avis élogieux que j’ai pu lire sur ce roman, je pense que si les thèmes abordés t’intéressent, tu devrais tenter cette lecture. L’histoire ne m’a pas captivée outre mesure mais l’atmosphère est immersive.😊Mais, je te recommande l’audio, cela va sans dire ! 😉

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