Chronique – Roussalki d’Alexandre Page

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Roussalki d’Alexandre Page

Suspense, Historique

Ma note : ★★★★★ / J’ai adoré

Date de lecture : 12-16 oct. 2022

Voici un roman qui m’a été proposé par l’auteur et dont la magnifique couverture et le résumé m’ont immédiatement attirée. Vous avez sans doute remarqué que je ne chronique plus, ou très peu, de services presse, qu’ils proviennent de maisons d’édition ou d’auteurs en autoédition. Je ne vais même plus sur NetGalley. La raison ? Je n’ai parfois pas envie d’écrire une chronique après avoir terminé un livre et je tiens à garder cette liberté. Mais Roussalki est un roman qui m’a interpellée et son auteur, Alexandre Page, m’a inspiré confiance. Alors je me suis laissée tentée, et j’en ai été ravie.

“Il n’avait pas eu cette certitude immédiate en longeant le lac, en échangeant avec Ivan, qu’il se trouvait derrière les légendes de Tcherepitsa autre chose que du folklore et de vieilles croyances.”

Dans la Russie du XIXe siècle, alors que le folklore domine encore le monde rural, Vassili Vassilievitch Saltikov parcoure le pays afin de recueillir les différentes légendes populaires et les retranscrire dans un ouvrage. C’est ainsi qu’il se rend dans le village de Tcherepitsa, dont le lac aux reflets d’argent hébergerait des roussalki, sortes de créatures maudites, entre sirènes et succubes.

La légende raconte que les femmes en mal d’amour viennent se noyer dans le lac, devenant à leur tour des roussalki. Elles hanteraient les eaux, emmenant dans ses tréfonds tout homme imprudent qui passerait à proximité. Des sirènes qui inspirent la terreur aux habitants, aucun d’entre eux ne s’aventurant de son plein gré dans les parages.

Dès les premières lignes, j’ai été enveloppée par l’atmosphère presque onirique de ce roman. Le froid glacial, les coutumes et les croyances rythment le quotidien de ce petit village de campagne. J’ai aimé la simplicité de la vie, l’hospitalité des habitants, ces paysages d’un autre temps. Mais Tcherepitsa est loin d’être un lieu si paisible, et dès lors qu’il s’agit d’aborder des sujets plus étranges, les habitants deviennent taiseux. Aussi, pour en apprendre davantage sur ces créatures redoutables que sont les roussalki, Saltikov se rend chez la comtesse Ekaterina Zoubrovski, dont la soeur pourrait être devenue l’une d’entre elles.

La rencontre avec la jeune comtesse, dont le manoir abrite bien des secrets, nous plonge dans une histoire familiale passionnante et dramatique. Sa santé fragile nous émeut, alors que la vie semble l’avoir quittée il y a longtemps. Elle m’a fait penser à la Bête (de la Belle et la Bête) qui, touchée par une terrible malédiction, vit recluse dans son manoir, avec pour seule compagnie ses domestiques. La mélancolie qui l’habite est palpable et émouvante.

Originaire de Saint-Pétersbourg et issu d’une famille noble, Saltikov semble relativement raisonnable et réfléchi. Son attitude et ses manières polies inspirent facilement confiance. Par ailleurs, son étude des roussalki de Tcherepitsa lui permettrait d’être enfin intronisé par la Société russe de géographie, dont il est membre. Pourtant, il apparaît rapidement que ce “gospodine” cache un tout autre dessein, laissant présager une intrigue plus complexe.

J’ai beaucoup apprécié l’orientation de l’histoire, la tension croissante au fil des pages, la noirceur qui s’invite, inexorablement. Comme dirait Rumplestiltskin, il y a toujours un prix à payer… A un certain moment toutefois, j’ai trouvé que le récit manquait un peu de rythme. Alors que j’étais prise dans l’histoire, centrée sur la tournure pour le moins inattendue des évènements, le récit m’a semblé ralentir, à l’instar de Saltikov, qui subit physiquement son tourment. Mais cette sensation est éphémère et la suite du récit m’a de nouveau captivée.

La plume d’Alexandre Page est belle, poétique, riche, mais également très fluide. J’ai visualisé sans peine les personnages et le décor, vécu les scènes et les dialogues.

Roussalki est un roman qui rappelle les oeuvres gothiques et romantiques, avec ses personnages mystérieux et emblématiques, son manoir en décrépitude, sa “sorcière”, et l’Amour avec un grand A, celui dont la passion engendre les plus effroyables tragédies. Un roman à l’image de la littérature et de la peinture du XIXe siècle, qui m’a transportée.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce roman, d’autant plus que je suis particulièrement friande de l’époque à laquelle il se déroule et que la plume de l’auteur m’a totalement séduite.


Infos et Quatrième de couverture

Roussalki : Les sirènes d’Alexandre Page
Auto-édition– Parution : 30/10/2021 – 418 pages – ISBN: 9782322400362 – Genre : Suspense, Historique.

« Un lac mystérieux, un misérable village, un étrange voyageur, une comtesse maladive, une intrigante sorcière, un simple d’esprit et dans les confins de la Petite Russie, une légende qui les liera tous. Avec Roussalki, Alexandre Page entraîne ses lecteurs dans la Russie du XIXe s. à la poursuite des redoutables sirènes de la mythologie slave, mais dans cette effrayante descente aux enfers, le danger ne vient pas toujours de là où on l’attend. »

Cet article a 10 commentaires

  1. Steven

    Merci pour la découverte de ce roman que je me note de suite tant son ambiance à l’air délicieuse à souhait !

    1. Caroline

      J’ai pensé à toi justement parce que ça se déroule en Russie.😁

  2. Malgré la poésie et la fluidité de la plume que tu as largement appréciée, je ne pense pas être le bon public pour ce roman. En tout cas tu sembles avoir aimé le voyage. 😊

    1. Caroline

      Oui j’ai beaucoup apprécié. L’ambiance est vraiment bien retranscrite et j’adore tout ce qui se rapporte au folklore russe et au 19e siècle. 😊

  3. Je l’avais vu passer, il est même possible qu’il m’ait été proposé en SP, mais vu ma PAL, je n’ai jamais pris le temps de me lancer alors que c’est le genre d’atmopshère que j’aime beaucoup. Tu sembles avoir passer un très bon moment de lecture avec ce roman !

    1. Caroline

      Je comprends Audrey, il est vrai que tu as beaucoup de livres qui t’attendent et il faut faire des choix. Pour ma part, étant donné le résumé et l’époque, il m’a tapé dans l’oeil.

      1. Isabelle Bourasseau

        Oui, à moi aussi.
        J’avais aimé Le château des trompe-l’oeil de Christophe Bigot qui est un roman gothique. Je pense adorer celui ci.

        1. Caroline

          « Le château des trompe-l’oeil » est également dans ma liste d’envies. Alexandre Page a une très belle plume et ce roman se démarque pour son originalité. J’ai aimé ce mélange de suspense et de légendes.

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