Chronique – En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles d'Olivier Bourdeaut

En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut

Littérature contemporaine

Ma note : ♥ / Coup de coeur

C’est avec Florida que j’ai découvert la plume incroyable d’Olivier Bourdeaut, et j’ai aussitôt désiré renouveler l’expérience. Je me suis donc procurée son tout premier roman, En attendant Bojangles, au succès désormais international. Et quelle merveille que ce roman ! Quelle belle histoire, pleine d’émotions et de poésie !

En attendant Bojangles, c’est l’histoire d’une famille pas tout-à-fait ordinaire. Un père, une mère, un jeune garçon, et un oiseau de Numidie prénommé « Mademoiselle Superfétatoire ». Une famille qui semble enveloppée dans un cocon enchanté, faisant fi des convenances et de l’amertume de ce monde. Chez eux, on danse, on rit, on aime, et on manie les mots avec délectation. L’enfant grandit tout en prenant conscience que sa normalité à lui n’est pas la même que celle du plus grand nombre. Incompris par son institutrice, il est rapidement déscolarisé puis instruit par ses parents. Une vie semble-t-il passionnante et merveilleuse, qui cache pourtant une part bien plus triste. La folie de la mère. Une folie douce, jusqu’à cet évènement tragique.

« D’elle, mon père disait qu’elle tutoyait les étoiles, ce qui me semblait étrange car elle vouvoyait tout le monde, y compris moi. »

Le fils, aujourd’hui adulte, revit son enfance à la lecture des carnets de son père. Les personnages, fantasques et fantastiques, sont présentés avec beaucoup de bienveillance. L’auteur arrive à créer en peu de pages un récit profondément intense. L’écriture d’Olivier Bourdeaut est si belle, et les émotions qu’elle suscite si vives, que j’en ai été émue aux larmes.

Ce roman est un hymne à l’amour, le vrai, le grand. Une lecture qui m’a réjouie autant qu’elle m’a bouleversée. Un coup de cœur !

🎧 Ce roman est également disponible en version audio chez Gallimard Ecoutez Lire et lu par Louis Arène.

🍁Pumpkin Autumn Challenge 2021 – Automne Douceur de vivre – Il suffit de se souvenir de rallumer la lumière🍁

Date de lecture : 27-28 oct. 2021


Extrait

« D’elle, mon père disait qu’elle tutoyait les étoiles, ce qui me semblait étrange car elle vouvoyait tout le monde, y compris moi. Ma mère vouvoyait également la demoiselle de Numidie, cet oiseau élégant et étonnant qui vivait dans notre appartement, et promenait en ondulant son long cou noir, ses houppettes blanches et ses yeux rouge violent, depuis que mes parents l’avaient ramenée d’un voyage je ne sais où, de leur vie d’avant. Nous l’appelions « Mademoiselle Superfétatoire » car elle ne servait à rien, sauf à crier très fort sans raison, faire des pyramides rondes sur le parquet, ou à venir me réveiller la nuit en tapant à la porte de ma chambre de son bec orange et vert olive. Mademoiselle était comme les histoires de mon père, elle dormait debout, avec la tête cachée sous son aile. »


Mes recommandations en rapport avec ce livre

  • Florida d’Olivier Bourdeaut

Un autre roman de l’auteur, admirable. Ma chronique

  • La fée Carabine, Saga Malaussène, tome 2 de Daniel Pennac

Pour le côté famille fantasque ou fantastique, pour les prénoms, pour la prose. Si la saga entière aurait sa place dans cette recommandation, La fée Carabine reste mon tome préféré.

Infos
Editeur : Finitude
Parution : 07/01/2016
160 pages
ISBN : 9782330049676
Quatrième de couverture
« Sous le regard émerveillé de leur fils, ils dansent sur «Mr. Bojangles» de Nina Simone. Leur amour est magique, vertigineux, une fête perpétuelle. Chez eux, il n’y a de place que pour le plaisir, la fantaisie et les amis.
Celle qui mène le bal, c’est la mère, imprévisible et extravagante. Elle n’a de cesse de les entraîner dans un tourbillon de poésie et de chimères.
Un jour, pourtant, elle va trop loin. Et père et fils feront tout pour éviter l’inéluctable, pour que la fête continue, coûte que coûte. L’amour fou n’a jamais si bien porté son nom. »

2 avis sur “Chronique – En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut

  1. Ce roman est un joyau, un de ces rares livres qu’on n’oublie jamais et à l’évocation duquel on sourit encore, quoiqu’avec une larme

Laisser un commentaire