Chronique – Une étude en rouge de Sir Arthur Conan Doyle

Une étude en rouge de Sir Arthur Conan Doyle

Policier

Ma note :  ★★★★ / J’ai beaucoup aimé

Ce roman est le 1er tome des enquêtes de Sherlock Holmes.

« Pour résoudre un problème de cette nature, le principal est de savoir raisonner à rebours. »

Depuis que je sais lire, j’ai toujours lu des romans policiers, notamment britanniques. Du Club des Cinq en passant par Hercule Poirot, je pouvais enchaîner les tomes, sans jamais être repue. Mais s’il y a un détective qui me fascinait encore plus que les autres, c’était bien Sherlock Holmes. J’ai toujours admiré son brillant esprit d’analyse et de déduction, ainsi que le côté fiévreux de ses réflexions. Cependant, j’ai toujours lu ses enquêtes de façon aléatoire, en fonction des livres qui me tombaient sous la main. C’est pourquoi j’ai eu envie de les relire toutes, en commençant par la première.

A Londres, Sherlock Holmes est appelé à se rendre sur les lieux d’un possible homicide. Dans cette affaire, la police, représentée par Gregson et Lestrade, est désemparée et a besoin de l’avis « officieux » du détective « amateur ». Accompagné du docteur Watson, ce dernier va relever assez d’indices pour aiguiller Scotland Yard sur une piste capitale.

« Holmes est un peu trop scientifique pour moi, – cela frise l’insensibilité ! Il administrerait à un ami une petite pincée de l’alcaloïde le plus récent, non pas, bien entendu, par malveillance, mais simplement par esprit scientifique, pour connaître exactement les effets du poison ! Soyons juste ; il en absorberait lui-même, toujours dans l’intérêt de la science ! Voilà sa marotte : une science exacte, précise. »

Les enquêtes de Sherlock Holmes sont rapportées par le docteur Watson. Dans Une étude en rouge, nous apprenons comment les deux célèbres personnages se sont rencontrés. La présentation de Holmes est brève mais captivante. En quelques mots, nous avons une idée assez précise des principaux traits du détective. Un portrait semble-t-il assez juste, même si l’on ressent clairement l’admiration de Watson pour son ami.

« Voilà tout le résultat de notre Étude en rouge : nous avons décroché pour ces messieurs une décoration ! »

Les agents Gregson et Lestrade, quant à eux, ne sont pas présentés sous un profil valorisant. Si Sherlock Holmes admet volontiers qu’ils sont « le haut du panier » de Scotland Yard, il ajoute tout de même que cela  » ne veut pas dire qu’ils valent grand-chose « . Cela dit, on ne lui tiendra pas rigueur de ces propos, sachant que les deux limiers veulent le beurre et l’argent du beurre. Holmes résout mais Scotland Yard en retire tous les honneurs. Dès lors, Watson s’attache à rédiger les mémoires de son ami, ne comprenant pas pourquoi ce dernier devrait oeuvrer dans l’ombre.

J’ai été assez étonnée par la construction du roman, scindée en deux grandes parties bien distinctes. La première est consacrée à l’enquête en elle-même, de la découverte du crime à sa résolution, avec l’arrestation du meurtrier.  Puis suivant un concept original, la seconde est consacrée à l’histoire du coupable, et par là-même, à l’explication du motif. Durant les premières lignes, je n’ai pas bien saisi l’origine de cette histoire, qui m’emmenait dans des contrées désertiques du nord-ouest des Etats-Unis. Cependant tout est lié, et j’ai finalement grandement apprécié cette immersion dans le passé. Je dirais même que je me suis attachée aux protagonistes de cette partie du récit.

« Pour résoudre un problème de cette nature, le principal est de savoir raisonner à rebours. C’est un art très utile, qui est peu pratiqué. On le néglige parce que la vie de tous les jours fait appel plus souvent au raisonnement ordinaire. Pour cinquante personnes capables d’un raisonnement synthétique, à peine en est-il une qui sache faire un raisonnement analytique. »

Je reste admirative de la qualité de la narration et de la précision des faits scientifiques, par des procédés qui à l’époque, devaient en être à leurs prémices. L’écriture est fluide et facile à appréhender. Un roman d’une autre époque, et pourtant très contemporain par bien des aspects.

Une étude en rouge annonce l’entrée en littérature d’un personnage mythique, intemporel et précurseur, dont la personnalité, encore aujourd’hui, est source d’inspiration pour de nombreux auteurs et cinéastes.

Date de lecture : 10-11 janv.2022


Infos et Quatrième de couverture

Une étude en rouge de Sir Arthur Conan Doyle
Edition : Le Livre de Poche – Parution : 01/09/1995 – 147 pages – ISBN : 9782253098102

« Un homme est trouvé mort dans une maison inhabitée, au cœur d’un des plus sinistres quartiers de Londres. Autour de lui, des traces de sang, bien que le cadavre n’ait aucune blessure. De quoi laisser perplexes Lestrade et Gregson, les limiers de Scotland Yard. Parue en 1887, cette Étude en rouge est la première des enquêtes de Sherlock Holmes. Nous y faisons la connaissance de l’extraordinaire détective à travers les yeux du bon Dr Watson. Nous y apprenons le « raisonnement analytique» et l’art de faire parler les indices. Ce classique du roman policier est aussi un roman d’aventures qui nous conduit dans le Nevada des mormons et de la ruée vers l’or, où s’enracine le mystère ? »


Mes recommandations en rapport avec ce livre

  • La série télévisée Sherlock, avec Benedict Cumberbatch (2010)
    Je trouve que, malgré le côté 2.0, c’est la série qui reste le plus fidèle à l’esprit de déduction du personnage. Un hommage remarquable.
  • La série « jeunesse » littéraire Sherlock, Lupin & moi d’Irene Adler
    Idéale pour faire découvrir ces personnages emblématiques de la littérature classique à de jeunes lecteurs.

 

7 thoughts on “Chronique – Une étude en rouge de Sir Arthur Conan Doyle

  1. Je ne connais Sherlock Holmes que par les adaptations cinématographiques qui ont été faites, j’avoue que cette lecture en deux parties distinctes m’intrigue beaucoup ! Merci pour cette idée 🙂

  2. Lu il y a longtemps et bien aimé. J’ai envie de me replonger dans les aventures de Sherlock Holmes de Conan Doyle 🙂
    Bonne journée !

    1. Pour moi, les Sherlock Holmes, c’est un peu comme les Hercule Poirot, j’aime bien m’en lire un de temps en temps.

    1. Cela m’a agréablement surprise. Je m’attendais à une écriture un peu désuète, ou peut-être un traduction un peu désuète, mais pas du tout en réalité. Et puis, j’adore Sherlock Holmes ! 😁

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