Chronique – Pique-nique à Hanging Rock de Joan Lindsay

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  • Post published:2022-01-27
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Pique-nique à Hanging Rock de Joan Lindsay

Pique-nique à Hanging Rock de Joan Lindsay

Fantastique, Policier

Ma note :  ★★★★ / J’ai beaucoup aimé

Il y a longtemps, j’ai vu le film Pique-nique à Hanging Rock de Peter Weir (1975), qui m’avait profondément marquée. J’avais été absolument subjuguée par l’atmosphère très mélancolique de ce film étrange. Lorsque j’ai compris qu’il s’agissait d’un roman à l’origine, j’ai voulu me replonger dans cette histoire, et je n’ai pas été déçue.

« Ainsi s’allongeraient les ombres pendant des millions de soirées d’été sur les escarpements et les cimes de Hanging Rock. »

Australie, année 1900. Mrs Appleyard gère d’une main de fer un collège de jeunes filles. Pour la Saint-Valentin, celles-ci sont exceptionnellement autorisées à partir en pique-nique à Hanging Rock, une formation rocheuse, auparavant lieu de culte aborigène. Sur place, quatre d’entre elles partent, avec l’accord de leur professeure Mademoiselle de Poitiers, observer de plus près l’étrange rocher. De cette excursion ensoleillée, toutes ne reviendront pas.

La scène du pique-nique est mémorable et donne au roman son atmosphère si singulière. Il y a une telle mélancolie et une telle langueur dans les gestes et dans les postures des personnages, que tous semblent évoluer dans un songe vaporeux. Au milieu de cette nature calme et reposante, une soudaine paresse s’empare des protagonistes, repus après leur copieux déjeuner. Les montres cessent alors de fonctionner et le mystère s’installe.

Le reste du récit continue avec la recherche des disparues et les interrogatoires des personnes présentes ce jour-là, notamment le jeune Michael Fitzhubert et son cocher, Albert. Les deux derniers, semble-t-il, à avoir vu les jeunes filles vivantes. La police ne ménage pas son ardeur pour retrouver ces héritières. Que s’est-il réellement passé là-bas ? Parallèlement, la vie suit son cours à Appleyard College mais les conséquences de ce drame ont laissé une empreinte funeste sur les protagonistes.

L’histoire se construit autour d’un certain nombre de personnages, pour autant, ils sont tellement bien présentés qu’il est facile de les distinguer. Parmi eux, Miranda est à mes yeux la plus marquante, et possède une aura très forte. Bienveillante et délicate, elle est aimée de tous, camarades comme professeures. Mademoiselle de Poitiers la voit comme « un ange de Botticelli aux Offices… ». Elle est un peu la figure de proue de ce roman, et fait le lien entre les autres protagonistes. Notamment avec la jeune orpheline Sara, qui lui voue une véritable fascination et un amour profond. Sara, autre jeune fille touchante, qui subit inlassablement les aléas de la vie et la sévérité excessive de Mrs Appleyard. (Tiens, cela me rappelle une autre Sarah)

J’aime incontestablement l’époque à laquelle se déroule le récit. Une époque que l’on retrouve dans la fraîcheur des propos et la naïveté des comportements des jeunes filles. Nous sommes en Australie, et non en Angleterre, et ceci explique cela, comme le souligne très justement Mike à Albert : « Si Albert disait vrai et qu’elles n’étaient encore que des écolières de l’âge de ses sœurs restées en Angleterre, comment avaient-elles pu recevoir l’autorisation de partir seules, à la fin d’une après-midi d’été ? Il se rappela qu’il était maintenant en Australie : l’Australie où tout était possible. » Le mystère d’Hanging Rock aura un impact sur bien des existences.

Pique-nique à Hanging Rock est un roman fascinant, à la fois fantastique et dramatique. Un roman qui mélange savamment les genres et dont l’atmosphère envoûtante laissera à jamais son empreinte dans ma mémoire.

Date de lecture : 28 déc. 2021 – 2 janv. 2022


Extrait

« Les élèves du pensionnat de jeunes filles de Mrs. Appleyard s’étaient levées à 6 heures et depuis lors n’avaient cessé d’inspecter le ciel limpide et lumineux. Elles voltigeaient maintenant dans leurs mousselines de dimanche, tel un essaim de papillons en délire. Non seulement c’était un samedi et le jour tant attendu du pique-nique annuel, mais c’était également le jour de la Saint-Valentin, que l’on célèbre traditionnellement le 14 février par un échange de cartes et de gracieusetés très élaborées. Toutes étaient follement romantiques et strictement anonymes – les hommages prétendument silencieux d’admirateurs éperdument amoureux. »


Infos et Quatrième de couverture

Pique-nique à Hanging Rock de Joan Lindsay
Edition : Le Livre de Poche – Parution : 11/05/2016 – 320 pages – ISBN : 9782253068976

« 14 février 1900, Australie. L’été touche à sa fin. Les jeunes pensionnaires de Mrs Appleyard attendent depuis des mois ce pique-nique annuel, non loin de Hanging Rock. Revêtues de leurs mousselines légères, elles partent dans une voiture tirée par cinq chevaux bais magnifiques. Après le déjeuner, les demoiselles s’assoupissent à l’ombre des arbres. Mais quatre d’entre elles, plus âgées, obtiennent la permission de faire une promenade. Enivrées par cet avant-goût de liberté, elles franchissent un premier ruisseau… puis disparaissent dans les hauteurs. Quand, tard dans la nuit, la voiture regagne le pensionnat, trois jeunes filles manquent à l’appel.

Publié en 1967, magnifiquement adapté au cinéma par Peter Weir en 1975, Pique-nique à Hanging Rock est un récit envoûtant, mystérieux et inoubliable, considéré comme l’un des plus grands romans de la littérature australienne. »


Mes recommandations en rapport avec ce livre

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Trois sœurs disparaissent à la lisière du bush australien. Une atmosphère pesante, une langueur dans le rythme et la tension qui s’en dégage. Lire ma chronique.

Cet article a 2 commentaires

  1. Céline

    Belle chronique ! il me semble que je l’avais déjà vu car la couverture me dis quelque chose, en tout cas je le note 🙂
    Bonne journée !

    1. Caroline

      Merci !😊 Sur cette édition-là, c’est une photo extraite du film de Peter Weir justement.

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