Chronique – Le cas Chakkamuk de Roy Braverman

Le cas Chakkamuk de Roy Braverman

Le cas Chakkamuk de Roy Braverman

Policier, Polar

Ma note :  ★★★★ / J’ai beaucoup aimé

Ce roman fait suite à Pasakukoo, mais peut-être lu de manière isolée.

L’an passé, j’avais découvert le roman précédent de Roy Braverman chez Hugo Poche et je l’avais adoré ! J’avais vraiment passé un excellent moment de lecture, emportée par la plume sarcastique de l’auteur et les paysages magnifiques autour du lac Pasakukoo. C’est pourquoi, lorsque je suis tombée sur ce titre dans NetGalley, je n’ai pas hésité une seconde. La couverture de ce second tome est aussi belle que celle du précédent, et j’ai retrouvé dans ce roman les dialogues acerbes et la galerie de personnages hauts en couleur qui m’avaient tant plu la première fois.

Trois ans après les évènements qui ont secoué les rives du lac Pasakukoo, la ville de Notchbridge est à nouveau le théâtre d’une affaire sordide. Douglas Warwick, le nouveau shérif, est accusé de viol sur sa belle-soeur Brenda. Devant la ligne de défense pour le moins originale de son supérieur, l’adjoint Taylor se voit contraint de demander de l’aide à Blansky, le précédent shérif. Aujourd’hui propriétaire du journal local le « Notchbridge Sentinel », notre ami Blansky travaille de pair avec Dempsey, notre écrivain. Cela dit, l’affaire va s’avérer bien plus retorse qu’ils ne l’imaginaient et les deux compères vont se retrouver, encore malgré eux, au coeur d’une intrigue infernale.

Mesdames et messieurs, veuillez attacher vos ceintures car le voyage entre Pasakukoo Lane et Chakkamuk Lake sera parsemé de turbulences. En attendant le retour au calme, attendez-vous à vivre une enquête riche en rebondissements et à rencontrer de fortes têtes durant votre séjour.

Dès le prologue, nous sommes plongés sans préambule dans cette nouvelle histoire. Le personnage mystère, dont nous ignorons tout sauf qu’il est mort, sera notre narrateur-guide tout au long du roman. Chaque début de chapitre, la petite marionnette de l’auteur nous livre en aparté des anecdotes souvent drôles sur la situation, des petites piques sur notre société ou sur les travers mégalomanes des écrivains. Par ailleurs, il ne fait pas bon se trouver dans les parages, et si j’étais un personnage je fuirais cet endroit comme la peste ! Quoique certains ne s’en sortent pas trop mal, étant donné la propension de l’auteur au sadisme. Et à Notchbridge, il semble il y avoir une telle concentration de perversité et de machiavélisme qu’on est à peine étonné des péripéties rocambolesques de cette intrigue. Sous la plume de Roy Braverman, tout le monde ou presque a l’air d’avoir un comportement douteux et dépravé. Les hommes comme les femmes ne sont pas épargnés par l’auteur, à commencer par les deux soeurs Brenda et Laureen, l’une femme d’écrivain, l’autre femme de shérif. Néanmoins, pour ce roman-ci l’auteur a tendance à sombrer un peu dans la surenchère, à mon sens.

J’ai été ravie de retrouver certaines figures de Pasakukoo, telles que Blansky et Dempsey, mais j’ai aussi beaucoup aimé les nouveaux, notamment Mardirossian, le chasseur de primes (euh collecteur de dettes !). « Plutôt petit, plutôt vieux, plutôt bizarre. Un costume beige d’un autre temps, sur une chemise blanche boutonnée jusqu’au col, nus pieds dans des mocassins à pampilles. Cheveux lustrés et noirs comme des ailes de corbeau. Des yeux pointus de bakélite et un large sourire d’une bienveillance inattendue. »  L’Arménien, Mardiros pour les intimes, est en ville pour une raison bien précise et fait partie de l’action sans en faire partie. Blansky est dans son collimateur, rapport aux évènements d’il y a trois ans. Il semble prendre un certain plaisir à observer les autres nager dans la fange mais leur offre parfois un petit coup de pouce salutaire. Il faut dire que « trente ans de métier [lui] ont apporté une certaine expérience et un certain flair. »  Heureusement pour nous lecteurs, car si on ne devait se fier qu’aux professionnels du métier, qu’ils soient shérifs ou « women in black », pour démêler cet imbroglio, on y serait peut-être encore ! « C’est à ça que servent les personnages secondaires […] : à faire rebondir les personnages principaux qui s’égarent ». Trop occupés qu’ils sont tous avec leurs problèmes personnels et leurs histoires de coucheries.

La plume de Roy Braverman est toujours aussi visuelle et addictive, et si les phrases sont imagées et riches de sens, l’auteur n’a pourtant besoin que de quelques mots pour esquisser les décors de son intrigue. C’est un style que j’apprécie tout particulièrement et qui rend l’ensemble très cinématographique. Quant à l’histoire, elle est infiniment distrayante, mais je pense avoir utilisé ce même adjectif dans ma chronique de Pasakukoo. Le cas Chakkamuk est un vrai « page-turner », et si vous appréciez l’humour décapant et les polars à l’américaine, nul doute que vous passerez un excellent moment de lecture !

Date de lecture : 18-20 juin 2022


Infos et Quatrième de couverture

Le cas Chakkamuk de Roy Braverman

Edition : Hugo (Thriller) – Parution : 16/06/2022 – 306 Pages – Genre : Policier – ISBN : 9782755697292

« L’ÉTÉ INDIEN AUSSI EST PARFOIS MEURTRIER
Douglas Warwick, le shérif de Notchbridge, est accusé de viol. Son jeune adjoint Taylor se retrouve à devoir enquêter sur son propre chef. Inexpérimenté, il demande à Blansky, l’ancien shérif aujourd’hui propriétaire du journal local, et à Dempsey, célèbre auteur de romans policiers, de l’aider. Mais aucun d’eux ne pouvait imaginer la terrible machination que cachent les accusations contre Warwick. Ni que tout le monde allait y laisser quelque chose de précieux : sa fortune, son honneur, sa vie…
Sous l’or des feuillages de l’été indien, jamais haine et vengeance n’auront été aussi cruelles et féroces. Et jamais la plume et le talent de Roy Braverman n’auront été aussi démoniaques pour créer un suspense qui vous laissera pantelant jusqu’au dernier mot. »


Mes recommandations en rapport avec ce livre

Si vous ne l’avez pas déjà lu, je vous conseille également la lecture du remarquable Pasakukoo, du même auteur, dont voici ma chronique.

1 thought on “Chronique – Le cas Chakkamuk de Roy Braverman

  1. Cet auteur semble avoir une plume efficace ! J’avais bien aimé l’extrait que tu nous offres dans un précédent article déjà, faudrait que j’y pense pour une prochaine lecture, merci pour ce bel avis Caroline 🙂

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