Mort sur le Transsibérien de C.J. Farrington

Mort sur le Transsibérien de C.J. Farrington

Policier

Ma note :

Ce roman est le 1er tome des enquêtes d’Olga Pouchkine.

« Ce réseau ferré est le plus long du monde – le Transsibérien traverse sept fuseaux horaires et couvre un douzième de la surface de la Terre. »

Olga Pouchkine est employée des Chemins de fer russes, mais ce n’est que temporaire. Depuis plusieurs années, elle économise afin de s’inscrire à la faculté de Tomsk pour devenir écrivaine. Un matin, son supérieur l’envoie réparer le moteur d’un aiguillage bloqué par le froid. Elle arrange le problème en deux temps trois mouvements, et s’en retourne, satisfaite, dans sa cabane de garde-barrière. Mais, lors du passage du Transsibérien, elle est percutée de plein fouet par un cadavre tombé du train. Un évènement peu banal, dans cette partie désertée de Sibérie occidentale, qui va donner du grain à moudre aux habitués du café Astana et du fil à retordre à Vassily Marouchkine, le policier nouvellement muté à Roslazny.

Un roman documenté

J’ai eu quelques difficultés à entrer dans l’histoire, non parce qu’elle manque d’intérêt, bien au contraire, mais plutôt car je ne suis absolument pas coutumière de la politique russe, de leur culture ou de leurs habitudes de vie. Beaucoup d’informations et de thèmes essentiels sont abordés, au détriment de l’enquête policière, finalement assez secondaire. Cela dit, l’attachante Olga Pouchkine et son entourage ont su attiser ma curiosité, et c’est pour eux que j’ai eu envie de continuer cette histoire.

Une atmosphère mystérieuse

« — Roslazny ? dit Vassily Marouchkine. Attendez voir… Ce ne serait pas ce village paumé près de la voie ferrée, à quelques kilomètres de Taïga ? »

L’ambiance froide et déserte de ces contrées est bien rendue et j’ai imaginé sans peine les lieux. Bien que l’intrigue se déroule de nos jours, j’ai eu l’impression de me trouver dans un passé figé par le temps. Les mentions régulières à la fermeture du Sovkhoze, quelques années auparavant, ont renforcé ce sentiment. Le village semble isolé, les routes et les bâtiments ne sont plus entretenus ou sont abandonnés, et la population y est vieillissante. Ajoutez à cela une légende populaire bien connue et vous obtenez une atmosphère mystérieuse, idéale pour une enquête policière.

Des protagonistes drôles et attachants

« Depuis 1991, on se demande s’il n’y a pas plus de criminels dans la police que derrière les barreaux. »

J’ai beaucoup aimé découvrir les différents protagonistes ainsi que les habitants du village. L’auteur s’attache à nous les présenter avec précision, dévoilant aussi bien leurs particularités physiques que leurs traits de caractère. Olga Pouchkine apparaît comme une jeune femme bienveillante et généreuse, prête à aider les autres en toutes circonstances.  A travers l’histoire d’Olga et d’Anna, nous avons un aperçu peu flatteur de la condition féminine dans ces régions. Peu respectées par les hommes, travailleuses acharnées, elles se débattent comme des lionnes pour gérer leur quotidien, par opposition aux figures du père et du mari, fainéants et buveurs invétérés.

Des aventures prometteuses

« La poésie est un trésor inestimable, Pasha – c’est tout ce qui est beau, libre et insaisissable dans l’existence. »

Le récit n’est pas noir, avec un brin d’humour, et l’intrigue tient plus du mystère que du thriller. Dans cette représentation peu idéale de la Russie actuelle, Olga est cependant porteuse d’espoir. Elle est lumineuse et courageuse et j’ai bien envie de continuer à suivre ses aventures.

Un premier tome divertissant et original, porté par des personnages attachants, qui mérite d’être découvert.

Infos
Editeur : Hugo & Cie
Parution : 04/11/2021
433 pages
ISBN : 9782755692594
Quatrième de couverture
« Bienvenue à Roslazny, un petit village assoupi de Sibérie, enseveli sous la neige, engourdi par le froid.
Olga Pushkin est la garde-barrière du village. C’est elle, notamment, qui veille au bon déroulement du passage du majestueux Transsibérien, depuis la petite maison où elle vit seule avec son hérisson et son amour de la littérature. Car la littérature, c’est la grande affaire de la vie d’Olga ; et son rêve, c’est de rejoindre l’université de Tomsk – l’Oxford sibérien – et de quitter Roslazny où jamais rien ne se passe…Mais la chape de silence et de froid qui semble congeler le village va bientôt se fissurer : lettres anonymes et petits larcins vont réveiller la rumeur de l’existence d’une Baba Yaga, ces sorcières féroces qui se cacheraient dans les immensités gelées de la taïga russe.Et lorsqu’un touriste américain tombe du Transsibérien après avoir été égorgé, la bouche pleine de pièces de 10 roubles, l’angoisse s’empare de Roslazny. Un deuxième mort, et c’est la panique dans le village ; d’autant plus que l’inspecteur en charge de l’enquête, l’énigmatique et boudeur Vassily Marushkin, se retrouve emprisonné par son machiavélique supérieur, l’inspecteur-chef Babikov.Alors Olga va devoir mener elle-même l’enquête, d’abord pour disculper Vassily, puis pour comprendre qui sème ainsi le trouble à Roslazny. Mais le temps presse, et les pistes semblent se perdre dans la brume qui encercle le village… »

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